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Archives pour: Novembre 2007

HISTOIRE AFN (19)

par torah-injil-jesus @ 2007-11-26 - 17:55:42

BIBLIOGRAPHIE

Anne BRASSIE a écrit un ouvrage sur la chrétienté en AFN
Je donnerai les références ultérieurement.

LIENS:

page niveau 2-perso.wanadoo.fr/bernard.venis
Vandales, sous Hunéric, roi arien ... l'Histoire de la persécution Vandale de Victor de Vite plusieurs
LA PERSÉCUTION --- En 429, les Vandales débarquèrent en Afrique
*
http://alger-roi.fr/Alger/religion/pages_liees/clercs_deportes_pn67.htm

http://alger-roi.fr/Alger/mon_alger.htm

Tout le site est intéressant pour connaître l'Algérie depuis l'arrivée des français et même avant.

Je vous recommande également la revue:

VERITAS :

Comité pour le rétablissment de la vérité historique sur l'Algérie française
Maison Alphonse JUIN
BP 21 - 31620 FRONTON

http://comite.veritas.online.fr

HISTOIRE AFN (18)

par torah-injil-jesus @ 2007-11-21 - 20:49:15

CHATIMENTS DIVINS

« Nos iniquités ont forcé le Seigneur à nous envoyer ce fléau vengeur ... »

L'Espagne punie du même châtiment l'avait mérité par les mêmes crimes. « Il (le roi Witiza) entraîna dans ses débordements une partie du clergé. Sindered, archevêque de Tolède, indigne successeur du noble et courageux Gonderic, alla jusqu'à persécuter les prêtres fidèles à leur devoir. Witiza leur défendit les appels à Rome, abolit les lois pontificales et permit aux prêtres le concubinage... Les moeurs et la vertu déclinaient à vue d'œil. »

Si l'Espagne n'avait été habitée que par les populations molles et corrompues du Sud de la péninsule, elle eût peut-être subi complètement le sort de l'Afrique.

Leur faiblesse en face de l'Islam a été on ne peut plus scandaleuse. Au dire de Fleury, elles auraient en masse accepté la circoncision, et nous savons que l'intrépide envoyé de l'empereur Othon à Abdérame, vers le milieu du X° siècle a reproché au clergé de Cordoue cette criminelle condescendance (FLEURY, Hist. eccl., XII, p. 91).

Vers le milieu du XII siècle, le culte de Jésus-Christ et la série des pasteurs avaient cessé dans les royaumes de Cordoue, de Séville, de Valence et de Grenade.

En 1313, les Juifs étaient les seuls hommes du Livre qu'Ahou'l Waled, roi de Grenade, pouvait persécuter ou tolérer (Biblioth. Arabo-hispana, II, p. 288), et lorsque, au XV° siècle, Séville fut reprise par Ferdinand le Catholique, on n'y trouva, comme chrétiens, que les captifs. Psct, Crit., IV, A. C. 1149; Cfr. GIBBON, l. C., X, p. 332.

Mais par bonheur pour elle, les montagnards du Nord étaient des hommes et même des héros. C'est à eux que l'Espagne a dû son salut. L'Afrique n'a pas eu cette réserve, et elle a péri !

Sans doute, le sang de tant de martyrs et de tant de victimes innocentes criait miséricorde, mais peut-on dire avec un de nos chroniqueurs parlant de la ville de Jérusalem assiégée et prise par Saladin le 3 octobre 1187 :

Notre sire Jésus-Christ ne les voulait ouïr, car la luxure et l'impureté qui en la cité estaient, ne laissaient monter ni oraison ni prière devant Dieu ! »

Heraclius, le dernier patriarche de Jérusalem, scandalisait alors cette malheureuse ville en affichant aux yeux de tous, ses honteux débordements: ROHRLACHFR, Hist. de /'Eglise, XVI, p. 438.

Après avoir été châtiée pendant un siècle par les persécutions vandales, l'Afrique du V° siècle, Dieu avait fait luire des jours meilleurs sous le régime byzantin.

Au lieu de profiter de la terrible leçon qu'elle avait reçue, l'Afrique était revenue à son vomissement. Il suffit de lire la correspondance de St Grégoire le Grand pour constater jusqu'à quel point était tombée la discipline ecclésiastique. Trop souvent ses lettres ont pour objet la désobéissance du clergé et des moines, la simonie des évêques, leur corruption. Voici comment le concile in Trullo dénonce cette dernière :

(Hoc quoque ad nostam cognitionem pervenit quod in A frica etLibya, et alis locis, quidam ex illis qui illic sunt religiosissimi Praesules cum propriis uxoribus, etiam postquam ad eos processit ordinatio, una habitare non recusant; ex eo populis offendiculum et scandalum offerentes)

Si quelques évêques agissaient ainsi à l'égard d'une de leurs obligations les plus sacrées, on devine comment la morale devait être appliquée par les simples prêtres et le peuple, témoin de ces excès.

Le clergé africain était tellement convaincu de manichéisme que le pape Grégoire II défend à un évêque de Thuringe d'ordonner qui que ce soit parmi ceux que l'invasion arabe avait jetés jusqu'en Germanie

L'auteur du Kitab el Adouani nous parle de coutumes infâmes répandues dans les populations autrefois chrétiennes du Souf à Djelalna, Septi, du Djérid à Nefta et au Sud de l'Aurès, à Ferkane chez les Klab etc.

Les Amamra qui habitaient à l'époque romaine, comme aujourd'hui, le Nord de l'Aurès, étaient autrefois chrétiens (Certains tatouages pratiqués chez les Oulad Yacoub semblent représenter la croix grecque) Or, on voyait encore chez eux, en 1725, les coutumes que le Kitab et Adouani signale dans le Djérid, à Nefta.

La tribu des Ketama qui, à l'époque arabe, occupait tout le territoire de la Petite Kabylie jusqu'à l'Aurès et qui, sans être complètement chrétienne comptait dans son sein un certain nombre de fidèles, avait des moeurs non moins abominables :

« Ils n'ont pas honte, dit Edrisi, de prostituer leurs enfants mâles aux hôtes qui viennent les visiter, et, loin de rougir de cette coutume, ils croiraient manquer à leur devoir s'ils négligeaient de s'y conformer »

« Cette détestable coutume, ajoute Ibn Haukal, fut vivement combattue par Abou Abd Allah, le missionnaire fatimite, qui eut recours à des moyens extrêmes pour l'abolir, mais elle résista à tous ses efforts. »

De cette tribu, ces moeurs se répandirent dans une grande partie de l'Afrique.

« La plupart des Berbères, dit Ibn Haukal qui habitent le Magreb, depuis Sidjilmassa jusqu'à Sous, Aghtmat et Fez, de là aux environs de Tehert, Msila, Tobna, Bagaï, Aguerbal, Azfoun (Azzeffoun ?) et les dépendances de Bône accueillent les voyageurs.

PP. 69, 75. - El Bekri (p. 233 de la trad.) parle d'une coutume un peu semblable établie chez les Ghomara, tribu qui habitait les environs de Ceuta, avait été gouvernée par le comte Julien, et avait dû être en partie chrétienne.
Le même auteur parle aussi, p. 46, d'un manque général de pudeur des habitants de Gabès, l'antique Tacapae.

Quand de telles plaies et de plus graves encore, car lbn Haukal fait allusion à certains faits assez communs que de Slane n'a pas osé traduire même en latin, rongent un peuple, celui-ci n'a plus qu'à disparaître. De fait, à l'époque où écrivait Edrisi (1154)
«de la tribu des Ketama, jadis très nombreuse il ne restait plus qu'environ 4000 individus. »(1)

Dieu, de son côté, a cru préférable, pour sa gloire, de ne plus avoir d'Eglise en Afrique plutôt que d'en avoir une, rongée intérieurement par les plaies dont nous venons de parler. Aussi en a-t-il balayé les malheureux restes qui ont disparu en quelques années « sans laisser même de traces où l'on pût retrouver le nom de ses derniers fidèles. »(2) Et nunc, erudimini!

1 Edrisi, 1. c. Il est vrai qu'un grand nombre parmi eux, avaient émigré au X° siècle, pour aller installer les Fatimites au Caire.

2 CAHIER, Souvenirs le l'ancienne Eglise d’Afrique, p. 255.

Souvenez-vous de SODOME ET GOMORRHE!
Souvenez-vous du DELUGE. St Pierre rappelait qu'au moment du déluge, les gens chantaient, dansaient, etc mais oubliaient leurs devoirs envers Dieu.
Suivons JESUS-CHRIST, vrai Dieu et vrai homme qui seul, peut nous donner la force et la volonté de résister à la concupiscence de la chair. C'est dans le sacrement de pénitence et ensuite dans l'Eucharistie que nous pourrons triompher de la "chair"

C'est le souhait que je formule, pour vous, lecteur inconnu, mais connu de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit.

DEO GRATIAS

HISTOIRE AFN (17)

par torah-injil-jesus @ 2007-11-20 - 20:30:47

IGNORANCE ET MANQUE DE FOI

Au commencement de la conquête, nous voyons le Berbère chrétien abjurer ou reprendre ses croyances comme il quittait ou remettait son burnous. Ocba lui-même en est scandalisé !

« Quand un iman, disait-il, entre en Ifrikia, les habitants de ce pays se mettent à l'abri du danger en faisant profession de l'islamisme ; mais aussitôt que l'iman se retire, ces gens-là retombent dans l'infidélité ! »
C'est-à-dire une personne revêtue de l'autorité spirituelle et temporelle comme l'étaient les généraux d'alors qui agissaient comme les représentants du khalife (DE SLANE).

En fait, c'est ce que nous avons vu dans le chapitre précédent, chez le premier héros de l'indépendance, Koceila, comme chez les fils de la Kahéna, et le chef de la grande tribu des Magraoua.

La cause de cette lamentable conduite doit être cherchée dans le manque de conviction et, par suite, d'instruction de la masse chrétienne.
L'adoption du christianisme avait été, à l'époque byzantine, une simple formalité pour recevoir l'aman. Le chef d'une tribu, en recevant les insignes de sa royauté, faisait profession de christianisme, s'engageait pour son peuple, et la tribu était censée chrétienne. Des prêtres devaient ensuite, il est vrai, aller instruire les nouveaux chrétiens. Mais, comme nous l'avons dit plus haut, ces prêtres byzantins ne sachant pas la langue indigène, quels résultats durables pouvaient-ils obtenir ?

Aussi l'on comprend la facilité avec laquelle ces chrétiens sans instruction devaient jouer avec l'apostasie.

Nous avons parlé au long, dans un chapitre précédent, de cette apostasie qui, dans le Magreb, a dû être générale puisqu' aucune partie de ce pays n'a été classée dans la catégorie des terres anoua c'est-à-dire de celles occupées par les infidèles non convertis à l'Islam et soumises au tribut.

Si nous pouvions distinguer entre les territoires qui ont été reconnus par les Arabes comme anoua, solah, (ceux qui ont fait l'objet de traités librement consentis) et ceux qui, ne portant ni l'un ni l'autre surnom, ont appartenu à des apostats passés à l'Islam, nous connaîtrions la proportion exacte des régions de l'Afrique où les indigènes chrétiens ou juifs, ont conservé la pratique de leur religion, et celle où ils ont apostasié, mais les auteurs avouent sur ce point leur ignorance complète. Tels Sahnoun et Ali ben Ziad, relativement à l'Ifrikia (E. MERCIER, La propriété indigène en Magreb, Rec. Const. ., XXXII, 1899, p. 327 etc.)

Ce fait nous est prouvé par la grande révolte de 840, laquelle a été motivée par la prétention du gouverneur arabe de Tanger de soumettre les Berbères musulmans au khraradj lequel ne pouvait être exigé que des infidèles '.
Quant aux chrétiens qui voulurent tout d'abord continuer à pratiquer leur religion et se résignèrent à payer l'impôt, ils se fatiguèrent bien vite, à l'exemple des Coptes.

Cfr. MERCIER, Rist. Afr. Sept., 1, p. 35o etc.

Nota. Il est vrai que plusieurs tribus du Magreb ont vaillamment combattu les Arabes pour défendre leur liberté. Mais leur adhésion subséquente à l'islam les a lavés de ce crime et les terres ainsi que les personnes ont été ainsi exemptes d'impôt. La Mecque elle-même a été dans ce cas.
Cfr. Etude historique sur la nature de la propriété foncière dans les pays musulmans, d'après Amari, Kec. Const., X, 1866, p. 326.

L'impôt de l'Egypte, dit Dozy, sous le khalifat d'Othman, était de moitié supérieur à ce qu'il fut, fort peu de temps après, sous le khalifat de Moawia, parce que, dans l'intervalle, la majeure partie des chrétiens coptes avaient accédé à l'islamisme. Cfr. FROIDEVAUX, Dict. dHist. et de Géogr. eccl., I, p. 862.
La lettre est datée A. H. 132. CARDONNE, Rist. de l'Afrique et l'Espagne, 1, p. 168; Cfr. GIBBON, 1. c., X, p. 331.

Un demi-siècle à peine après l'expulsion des Byzantins, c'est-à-dire en 749, le gouverneur de l'Afrique, Abd er Rahman, écrivait au khalife Abou'l Abbas, le premier des Abbassides, qu'il ne pouvait plus rien lui envoyer, parce que le tribut payé par les infidèles se trouvait aboli par leur conversion Du reste, l'impôt ne devait pas produire beaucoup, depuis 717, année où Omar II avait retiré leur privilège aux chrétiens et leur avait enjoint d'embrasser l'islamisme ou de s'exiler.

Sans doute quelques groupes chrétiens ont pu acheter le droit de survivre à l'édit d'Omar, et de vivoter jusqu'au XII° siècle. Il n'en reste pas moins avéré que, dès le VIII° siècle, l’Eglise d'Afrique a été frappée à mort et que les deux principales causes de cette mort ont été :

1° Le peu de progrès faits par elle parmi l'élément indigène.

L'apostasie presque générale des chrétiens, au moment de l'épreuve. (Notons que beaucoup d’entre eux étaient donatistes)

« En déplorant, dit le P. Cahier, les maux que la conquête musulmane a fait subir à l'Eglise d'Afrique, on ne peut s'empêcher de reconnaître qu'un si terrible fléau ressemble beaucoup à un châtiment. »
Les chrétiens du VIIe et du VIII° siècle auraient pu dire ce que Salvien disait de leurs pères, lors de la conquête vandale :

« Nos iniquités ont forcé le Seigneur à nous envoyer ce fléau vengeur ... »

HISTOIRE AFN (16)

par torah-injil-jesus @ 2007-11-19 - 20:12:29

Mexique

Il s'agit du Mexique et c'est un prêtre qui va nous donner ces détails. On ne peut donc l'accuser de parti pris 1. (Abbé Domenech, Le Mexique tel qu’il est.)

D'après lui, ces indigènes sont catholiques de nom, et pourtant demi-païens dans leur culte. Ils vont à la messe, le dimanche, avec la volaille et les denrées qu'ils portent au marché, comme les indigènes d'Hippone allaient à certain jour « fricoter » dans la cathédrale.
Les chrétiens de la Proconsulaire prenaient encore part, en grand nombre du moins, aux sacrifices en l'honneur de la déesse Céleste, ceux de la Numidie Septentrionale continuaient à sacrifier à Saturne,
les Indiens catholiques du Mexique sacrifient, à certains jours, des tourterelles et autres animaux;
les habitants de Salamanca vont sacrifier dans le cratère éteint de Culiacan leurs scapulaires, leurs croix et leurs chapelets, pour obtenir le succès dans leurs entreprises et avoir de l'argent.
Il y a quelques années, ajoute-t-il, des sacrifices humains avaient même lieu dans l'Etat de Puebla.

Lors de la fête de St Michel qui, pour les Indiens, est leur ancien dieu de la guerre, Huitzipochli, on sacrifiait un petit garçon sans parents, ou bien un vieillard (lui n'avait rien de mieux à faire que de s'en aller dans l'autre monde.)

« Il faudrait des volumes, continue le même auteur, pour raconter les superstitions indiennes ayant un caractère idolâtrique qui subsistent encore aujourd'hui. Faute d'une instruction sérieuse, on retrouve dans le catholicisme indien de nombreux vestiges du paganisme aztèque. »

Et cependant, ces Indiens sont les fils de ceux qui ont été évangélisés par les missionnaires venus à la suite des premiers conquérants espagnols, il y a plus de 300 ans. La catholique Espagne y a dominé pendant plus de deux siècles, les plus grands Ordres religieux de l'Église, les Dominicains et les Franciscains, y ont jusqu'à ces derniers temps, été pour ainsi dire, tout puissants ; les indigènes ont été évangélisés par des saints tels que le Bienheureux Martin de Valence qui réunit un célèbre synode à Mexico dès 1546-.. En cette même ville devenue archiépiscopale en 1546, se tint 61 ans plus tard, le fameux concile de Mexico que Rohrbacher dit être le plus remarquable de tous les conciles provinciaux qui se soient tenus clans l'Eglise.

Qu'on s'étonne maintenant du semi-paganisme de nos chrétiens du Ve siècle, la veille encore, adorateurs de Céleste, Saturne, etc.
On n'a généralement que des cris d'admiration pour les chrétientés qui, du jour au lendemain, chiffrent leurs néophytes par centaines et par milliers. Voici par exemple ce que dit Rohrbacher de la conversion des Indiens dont nous venons de parler

« Il y en eut un si grand nombre à recevoir le baptême qu'en peu d'années on les comptait par millions. On lisait dans les archives de Charles-Quint qu'un certain prêtre en avait baptisé 700 000, un autre 30 0000, un troisième 1 00 000, les uns plus, les autres moins ! ! »

St Louis Bertrand passa sept ans au Pérou, 1562-1569 :
« On dit qu'au bout de trois mois, il avait baptisé 10 000 indiens ». MORTIER, O. P., Histoire des maîtres généraux, V, p. 597.

C'est beau ! Mais franchement, n'aurait-il pas mieux valu que ces « baptiseurs » en eussent converti dix fois moins et eussent instruit leurs néophytes dix fois mieux ?

Que peut produire en effet un pareil système d'apostolat ? Il donne il est vrai au missionnaire la consolation d'un précoce ministère auprès de ces peuples déshérités, mais après ? Entrés dans l'Eglise avec un bagage de croyances insensées et de pratiques superstitieuses, ils restent des demi-chrétiens, si aucun désastre ne vient leur enlever leurs missionnaires, comme les Indiens du Mexique, ou bien ils apostasient aussi vite qu'ils se sont convertis si la persécution vient à sévir, ou même seulement si la disparition de leur clergé les prive de secours religieux, comme en font foi les missions portugaises d'Angola et de Mozambique si prospères à la fin du XVIIIe siècle, et éteintes dès le commencement du XIXe.

Ce fait n'est que la répétition de ce qui s'est passé dans l'Afrique Septentrionale du Ve au VIII, siècle avec cette différence que les chrétientés portugaises du XVIIIe siècle se sont éteintes par le seul fait que l'Europe n'a pu leur envoyer pendant quarante ou cinquante ans de nouveaux missionnaires, tandis que l'Afrique romaine a eu à soutenir les plus terribles persécutions.

Comme l'histoire tout entière donne raison au Cardinal Lavigerie qui a défendu à ses Pères Blancs d'admettre en général les indigènes au Baptême avant quatre ans au moins de catéchuménat !

Quand les Pères du Saint-Esprit revinrent, au milieu du siècle dernier, reprendre ces anciennes chrétientés portugaises, ils n'y trouvèrent plus, paraît-il, que deux choses qui pussent rappeler les rites chrétiens d'autrefois :
la clochette et le goupillon

Du reste, quant aux indigènes, même ignorance, même manque de convictions religieuses.

HISTOIRE AFN (15)

par torah-injil-jesus @ 2007-11-19 - 20:06:45

LES FRANCS

« Plus tard vinrent les Huns, 444-451, les Francs, 486 ", (Date de la bataille de Soissons remportée par les Romains) etc. Bref, la Gaule eut alors ses immenses solitudes comme la Germanie. Tout reste de christianisme avait disparu. Un savant épigraphiste nous apprend qu'à une exception près, on ne possède de la région de Trèves, cette Rome des Gaules qui rivalisait avec Lyon, aucune inscription du VI° ni du VII° siècle. »

Bref, quelque lamentable qu'ait été l'état de l'Afrique après les invasions vandales du Nord et barbares du Sud, il ne pouvait l'être davantage que celui de la Gaule qui, après avoir été piétinée par les barbares païens, eut aussi ses barbares chrétiens

Voici ce que Procope dit des Francs :
« Ce peuple est chrétien, mais il observe les rites de la vieille idolâtrie, employant pour la divination les victimes humaines et d'horribles sacrifices. »

Et cependant la Gaule se releva ; au IX, siècle, elle était de nouveau chrétienne, tandis que l'Afrique continuait à sombrer.

Comment expliquer ce sort si différent?
C'est que la Gaule eut une seconde évangélisation ";
Elle eut des évêques, comme St Remi ; elle eut des missionnaires comme St Colomban et tous les moines qu'il forma dans son école incomparable de Luxeuil où accoururent nombre de Francs dont les noms appartenaient aux plus illustres familles, tandis que l'Afrique n'eut rien de semblable.

On ne peut pas en effet appeler évangélisation ces traités politiques qui arrachaient aux grands chefs berbères la profession de foi chrétienne, ni l'apparition de ces prêtres byzantins qui venaient pour donner le baptême aux milliers de berbères dont les princes s'étaient proclamés les vassaux de l'empire. Etrangers comme ils l'étaient, que pouvaient-ils faire au point de vue de l'apostolat ? Fides ex auditu.

Le fait est qu'on n'a pas trouvé à travers les Hauts-Plateaux de la Césarienne qui servit d'habitat à plusieurs ventes foederatae impériales une seule chapelle de style byzantin, comme on en trouve dans les régions de la Numidie qui ont fait partie des possessions byzantines.

Puisque nous savons par Ibn Khaldoun que plusieurs des tribus indigènes qui s'y trouvaient étaient chrétiennes, lors de l'arrivée des Arabes, tels les Magraoua, il faut donc nécessairement conclure qu'elles n'étaient chrétiennes que de nom, et que les Byzantins avaient procédé à leur évangélisation comme les Espagnols l'ont fait plus tard à celle des Indiens d'Amérique.

(NDLR: Au Mexique, il y a eu cette apparition de Notre Dame à DIEGO à l'endroit appelé : Guadalupe. Tous les mexicains, même les athées, ont une grande vénération pour Notre Dame de GUADALUPE.
Une telle apparition n'a pas eu lieu en A.F.N )

Il y a entre ces deux faits plusieurs points de rapprochement qui s'éclairent mutuellement et aident à comprendre ce qu'est le christianisme des races inférieures quand on veut aller trop vite clans l'oeuvre de leur conversion.

HISTOIRE AFN (14)

par torah-injil-jesus @ 2007-11-18 - 20:41:20

2. - Apostasie des chrétiens indigènes.

Si encore pour les groupes de Berbères chrétiens la qualité avait racheté la quantité ! Mais hélas ! On sait avec quelle hâte avaient été embrigadés par les donatistes, ces milliers de paysans indigènes qui allaient parcourant la Numidie, mettant tout à feu et à sang, tuant les catholiques et se tuant eux-mêmes, croyant ainsi obtenir la palme du martyre. Beaucoup de ces barbares probablement ne savaient de leur religion que crier Deo laudes !

Les baptêmes en masse qui ont eu lieu en Numidie, et un peu partout dans l'Afrique romaine au commencement du Ve siècle, qui avaient également eu lieu au III° et au IVe siècle, étaient à un certain point de vue consolants, mais combien périlleux pour l'avenir! Que peut-on attendre en effet de populations, chrétiennes seulement de nom, le jour où éclate une persécution ou quelque tempête inattendue?

On l'avait vu aux terribles persécutions de Dèce et de Dioclétien (1). On le vit encore après 430. Quinze ans après ces baptêmes en masse que St Augustin nous signale à Theveste et à Sitifi, par exemple, la domination romaine croule en Afrique et s'établit la puissance vandale. (arienne)

Le nombre des apostats fut immense, dit dont Leclercq, en parlant de la persécution de Dèce (L'Afrique chrét., I, p. 178).

Ceux qui avaient succombé n'avaient pas l'excuse de la souffrance ou de la torture menaçante, ainsi qu'il arrivait dans les persécutions antérieures. Cette fois, le respect humain, la peur et, pour tout dire de ce mot si dur, la lâcheté, avaient tout fait. Ce fut parmi les chrétiens d'Afrique une émulation dans l'avilissement. Les magistrats furent contraints de remettre au lendemain des fidèles trop empressés à abjurer (S. Cyprien., de lapsis 8).

On voyait comme une interminable procession, traversant le forum, et montant les degrés du Capitole: c'étaient des chrétiens chargés de fleurs, de victimes, d'encens. Tout ce monde se hâtait, se coudoyait, dans son empressement à satisfaire à l'édit... »

(1) Dans les Actes de Ste Crispine martyrisée à Théveste, en 30l, le Proconsul Anulinus dit à la sainte matrone pour la pousser à l'apostasie :
« Toute l'Afrique l'a fait, tu sais (Actes. 1). »
On pourrait croire qu'il n'y avait là qu'un odieux mensonge; mais St Optat de Milève confirme hélas! cette affirmation quand il écrit à propos du concile de 312, contre les traditeurs :
« En ce temps-là, il n'y avait pas de raison de rougir, car à l'exception de quelques catholiques, tout le monde avait péché, et c'était comme une espèce d'innocence que cette complicité dans le crime. » De Schism. Donat., 1, 20.

Un peu plus loin, le même auteur parlant de cette multitude d'apostats, dit encore :
« Comme tous les renégats ne pouvaient approcher des sacrifices sacrilèges, on était forcé de placer partout de l'encens, tout lieu était un temple pour le crime, etc. » (1. c., III, 8).

En même temps, les envahisseurs barbares et païens qui, depuis le III° siècle, battaient comme des vagues furieuses, les frontières de l'empire, finissent alors par les renverser, submergent, dans une grande partie de l'Afrique romaine, les anciennes populations indigènes et les renouvellent sur plusieurs points.

Qu'arrive-t-il ? Les semences tardives que les Evêques avaient commencé à jeter sur les Hauts-Plateaux au début du Ve siècle sont étouffées en grande partie, et, des nombreuses chrétientés qui avaient commencé à germer à cette époque, deux seulement se retrouvent au VIe et au VII° siècle: Tiaret et Tlemcen (Pomaria).
Assez fortes pour résister à la tempête ou du moins pour renaître de leurs cendres, supposé qu'elles aient succombé, car nous ne connaissons pas les vicissitudes par lesquelles elles ont passé après 430, ces deux villes ont pu se développer si heureusement, loin de l'ingérence des successeurs de Hunéric, qu'elles ont été, dans le Magreb, les deux boulevards de la résistance indigène, contre les Arabes. Quant à tous les autres centres, ils avaient disparu !

Un ouragan semblable s'était abattu sur la Gaule en 405-406: Les Suèves, les Alains, les Vandales étaient passés comme un torrent dévastateur et ne s'étaient arrêtés qu'à l'Océan. De là, ils étaient revenus sur leurs pas, chargés de butin et d'esclaves :

« C'est à cette incursion, dit Pilloy, qu'il faut rapporter la destruction de tous les établissements romains que le IVe siècle avait vu prospérer dans notre pays relativement tranquille jusqu'alors. Après leur passage, nos provinces n'étaient plus qu'un désert de ruines fumantes. Les cimetières s'arrêtent à cette date néfaste, par la raison péremptoire que les Gallo-Romains, les Lètes, les vétérans auxiliaires et les colons avaient tous subi le sort commun : ils avaient été tués ou emmenés en esclavage.

HISTOIRE AFN (13)

par torah-injil-jesus @ 2007-11-18 - 20:33:20

ROMANISATION ET EVANGELISATION

Celui-ci est, dans le Magreb extrême (Maroc), en grande partie, païen, dans le Magreb central (Alger et Oran), beaucoup de tribus sont également païennes. Quelques-unes, il est vrai, ainsi que celles de l'lfrikia ont un vernis chrétien mais la masse est en somme bien païenne
Ici, nous sommes complètement d'accord avec M. Bechir Sfar. Mais alors, comment expliquer ce fait historique que nous avons déjà constaté plusieurs fois ?

La carte ci-jointe, ainsi que celle qui a paru dans Romanisation de l'Afrique répondent clairement à cette question : En nous donnant une proportion presque mathématique entre la Romanisation et l'Evangélisation, elles nous montrent que l'Evangélisation du pays s'est faite tout d'abord, et, pour ainsi dire exclusivement chez la population romaine.

Les tribus indigènes réfugiées dans les massifs montagneux où elles sont restées presque jusqu'à la fin de la période romaine insoumises ou du moins boudeuses, vis-à-vis de l'autorité étrangère, l'Eglise s'est vue dans l'impossibilité de les apprivoiser.

Or, elles étaient la masse !

Quant à celles qu'elle a pu atteindre, elles étaient toutes plus ou moins romanisées. En effet, lorsqu'un évêché s'est créé sur le territoire d'une tribu, c'est au centre romain que nous le voyons emprunter son titre. Ainsi par exemple les Nattabutes et les Suburbures.
Des centres romains se sont établis chez eux, après que leur territoire eût été soumis au cadastre : Rotaria ? chez les Nattabutes, Idicra, Garba, chez les Suburbures etc. Or, les évêques prennent le titre de Rotariensis, Idicrensis, Garbesis, on n'en voit aucun qui ait pris les ethniques de Nattabutensis, Suburburensis.
A peine trouve-t-on sur les 700 évêchés connus, 4 ou 5 exceptions :
Par exemple les évêques qui portent sur les listes épiscopales, l'ethnique de Cedamusensis, Bamaccorensis, Numidensis, Maxitensis, Mazacensis. Ceux-là ont pris l'ethnique d'une tribu ou de la fraction de tribu dans laquelle ils se trouvaient : les Cedamusii, les Bamaccures, les Numidea, les Maxites, les Masaces.

Preuve évidente qu'en général, l'évêque était d'abord pasteur des colons romains, puis ensuite, des indigènes qui avaient consenti à se mêler à eux et s'étaient plus ou moins romanisés à leur contact.
(Cf. Mesnage : Romanisation de l’Afrique, pp. 204, 216 etc.)

Il est bon de se rappeler qu'Ibn Khaldoun cité plus haut et les autres auteurs arabes, quand ils font mention de certaines populations chrétiennes soumises au kharadj, ne parlent que de l'Ifrikia (Tunisie et département de Constantine).
Ils ne font jamais la moindre allusion au Magreb (départements d'Alger, d'Oran et le Maroc).
Il y a évidemment dans ce silence une indication précieuse relativement à l'état religieux des habitants de cette région : paganisme des uns, apostasie des autres.
Rév. afr., 1873, p. 427.

« Il est incontestable que la religion du Christ fit peu de progrès parmi ces barbares. L'invasion arabe surprit donc l'Afrique romaine en plein paganisme, malgré le passage des apôtres chrétiens qui n'a eu d'influence que sur la population européenne. »

BERBRUGGER Dit De son côté (Rev. Afric., 1867, p.156):
« Il suffit de voir dans quel état social étaient les indigènes lors de la conquête musulmane pour acquérir la conviction que, si la civilisation italique avait pu faire beaucoup de conversions individuelles parmi eux, elle n'avait pas entamé la masse largement. »

Mercier ajoute (Rev. Afric., 1871, P. 130-431):
Il ressort de l'étude des documents fournis par les historiens arabes de la conquête que la religion la plus répandue en Afrique était le magisme ou culte du feu... »

lbn Khaldoun ne dit pas cela. Le magisme ou Sabéisme était d'importation étrangère. Le paganisme des Berbères était tout autre. Cfr. R. BASSET, Recherches sur la Religion des Berbères, Paris, Leroux, 1910, dans Revue de l'Hist. des Religions. :

« Certaines tribus étaient juives…Pour ce qui est de la religion chrétienne, elle n'était répandue que parmi les Berbères romanisés…» 276

Il est tellement vrai que le pays romanisé a été le seul théâtre du zèle des évêques et de leur clergé, qu'il n'y a eu dans toute notre Afrique qu'une seule liturgie : la liturgie latine.
L'Eglise n'a pas créé de liturgie punique parce que celle-ci était inutile ; la masse des populations puniques ou « punicisées » habitant le littoral s'est en effet assez vite romanisée.

Sans cloute, dans quelques coins reculés, clans les montagnes des Beni Salah, au S. E. d'Hippone, dans les environs de Calama, certaines populations avaient besoin qu'on leur traduisît en punique ce qu'on leur prêchait en latin. Mais ces régions étaient après tout, si peu considérables qu'on ne sentit pas le besoin de composer une liturgie spéciale pour eux.

L'Eglise n'a pas créé davantage de liturgie berbère.
Pourquoi? Si ce n'est parce que le petit nombre d'indigènes qui avaient été convertis étaient eux aussi plus ou moins latinisés, et que, pour la masse restée réfractaire, cette liturgie était inutile. N'est-il pas évident que, si le peuple berbère avait été atteint comme les Mozarabes d'Espagne, les Coptes d'Egypte, les Syriens, etc. il aurait eu, lui aussi, sa propre liturgie ?

Cet argument est négatif, il est vrai ; il n'en prouve pas moins cependant, vu la coutume générale de l'Eglise à cette époque, que si celle-ci n'a pas donné aux Berbères une liturgie spéciale, c'est qu'elle n'avait pas eu le temps d'en atteindre la masse avant que la puissance romaine n'eût elle-même disparu de l'Afrique.

Il semble bien que le christianisme a eu peu de succès chez ce peuple. Le Corpus Inscriptionum Semiticarum ne contient pas en effet une seule inscription punique qui soit chrétienne. De quel côté se sont donc tournées ces nombreuses populations cananéennes et tyriennes que nous savons avoir existé en Afrique ? Peut-être vers les juifs qui étaient un peuple de même langue qu'elles.

Du reste, il y avait dans le clergé africain une telle pénurie de prêtres sachant cette langue (St Augustin se plaint d'être dans ce cas: (Epist. LXXXIV, 2) que ces populations ont dû nécessairement être négligées.

On sait que quelques innovateurs berbères, à moitié convertis à l'Islam, voulant fonder une religion nouvelle, ont donné à leurs adeptes un Coran berbère, ou plutôt un code religieux en langue berbère. Tels Salah ben Tarif, vers 174 de l'hégire (790-7791) chez les Berghouata ; Ham-Mim et Ment ben Djemil el Izdedjoumi, vers 315 de l'hégire (927-928), chez les Ghomara de la région de Tétouan.
Cfr. Ibn KHALDOUN., II, pp. 123, 125, 143; El. BEKRI, trad. de Slane, p. 184 etc.

HISTOIRE AFN (12)

par torah-injil-jesus @ 2007-11-15 - 17:29:30

d) LES BYSANTINS.

Nous avons donc raison de dire que les chrétiens anciens colons de Rome avaient disparu en grande partie à l'arrivée des Arabes.

Quant aux Byzantins qui ne devaient pas être très nombreux puisqu'ils comprenaient surtout des soldats, des employés et des commerçants, il en a été de même. Les batailles sanglantes livrées par les Arabes, les razzias dévastatrices opérées dans toute l'Ifrikia, la fuite en masse de tous ceux qui purent échapper au cimeterre des Arabes ont dû en peu de temps réduire leur nombre à un chiffre tellement infime que « Mouça ibn Noceïr arrivant à Kairouan (7o4) vit l'lfrikia changée en une vaste solitude et y fit venir des populations d'origine étrangère qui se trouvaient dans les provinces éloignées.»

« Lors de l'invasion du Magreb par Abd Allah ibn Sâad, les Roum se réunirent dans la péninsule de Cherik (du cap Bon) et se dirigèrent en toute hâte vers Kelibya (Clypea) et les lieux voisins. S'étant alors embarqués, ils allèrent à l'île de Cossura (Pantellaria) » EL BEKRI, trad. p. 110) - IBN KHALDOUN., trad., I, p. 215.
Nota. On ne sait si ce passage d'Ibn Khaldoun fait allusion à celui-ci d’El Bekri :

« Abci el Melek ibn Merouan ordonna à Abd et Aziz, son frère, gouverneur d'Egypte, d'envoyer à Tunis 1000 Coptes avec leurs familles pour y construire une flotte afin de ravager le pays des Roum. Trad., de Slane, p- 94

Les débris de la colonisation romaine et byzantine en partie exterminés, il ne reste en présence des Arabes que l'élément berbère.

HISTOIRE AFN (11)

par torah-injil-jesus @ 2007-11-15 - 17:26:08

b ) A l'arrivée des Arabes.

Quand on étudie avec soin les documents que nous possédons, on arrive facilement à se convaincre que les chrétiens indigènes étaient, relativement à la masse de la population, en petite minorité, sinon dans les anciennes provinces de Proconsulaire et de Byzacène, du moins dans les Maurétanies et même peut-être en Numidie.
D'abord, les anciennes populations romaines qui probablement étaient, en 430, acquises au christianisme, ont été en grande partie exterminées par les guerres sans merci qui se sont succédées pendant l'époque vandale et byzantine.

Les auteurs africains et byzantins nous représentent l'état de l'Afrique sous de très sombres couleurs :
« Africa, dit Possidius, dans la Vie de St Augustin, (C. 28) expoliatione, caedibus, diversisque tormentis, incendiis aliisque innumerabilibus et infandis malis depopulata est; nulli sexui, nulli parcens aetati.»
L'évêque de Carthage, Capreolus, dont nous avons parlé à propos de la période vandale, écrit la même chose aux Pères du Concile d'Ephèse auquel il n'a pu se rendre :
« Incolis partim extinctis, partimque in fugam actis, absolutam desolationis speciem quaquaversum longe lateque porrigitur oculis offert. »

c ) La période vandale a été tellement néfaste à cette ancienne population romaine que lorsque sont venus les Byzantins, ils se sont bornés à n'utiliser et à n'habiter qu'une partie des villes qu'ils occupaient, souvent à n'établir qu'un simple fort. C'est ce que les fouilles nous ont permis de constater en Byzacène comme en Numidie.
N.B. Les Vandales étaient ariens. Les ariens niaient la divinité de Jésus-Christ. Pour eux, Jésus était saint mais n’était pas Dieu.

« Il y a là évidemment une preuve que, dès cette époque, l'ancienne population romaine avait en grande partie disparu. » (Rec. Const., XVIII, 1876-1877, p. 326)
Mais, mieux que toutes les descriptions, un passage de la vie de St Fulgence nous fait comprendre la dépopulation du pays dès la fin du V° siècle :
Au commencement du règne de Gonthamond (13 décembre 484 - 21 septembre 496),
St Fulgence s'était réfugié dans un monastère fondé par Faustus 1 et dont Félix était abbé.
Ce Faustus ne peut être que le Faustus Praesidiensis de la Notice de 484 En effet cette Notice ne mentionne que deux Faustus : l'un de Castra Seberiana en Césarienne, et celui de Praesidium en Byzacène.
Ce Praesidium est probablement Praesidium Diolete que la Table de Peutinger place à 20 milles de Cassa (Gafsa) et qu'on identifie avec H. Somâa. (S. Reinach, note 1 en Tissot, Géographie, II. p. 68o-681. Cfr. SALADIN, fasc. I, p. 103).
Ce Faustus fut exilé en 484, dans la région voisine de son évêché et y bâtit un monastère (Vita S. Eulg.,10).

L'invasion des Barbares les força, avec leurs moines, à remonter plus au Nord, et ils s’établirent à Sicca Veneria. « sed cum subito barbaricae multitudinis provincia turbaretur incursu. » Vita S. Fulg., 1, c.

Chose lamentable ! La région parcourue par les saints exilés, qui était à l'époque romaine une des mieux colonisées et des plus riches de la Byzacène et de la Proconsulaire, qui contenait des villes, comme Thelepte, Ammaedera, Thala, Aubuzza, Lares, etc. est représentée comme étant déjà, à cette époque, un pays tout sauvage:
« per ignotas Africae regiones monachorum suorum caterva comitante, pariter gradiuntur. »

Ne faut-il pas que l'état de l'Afrique ait bien changé, pendant ces cinquante dernières années pour que la province la mieux romanisée de l'Afrique mérite cette épithète « ignotas ? »

Du reste, ils furent si maltraités par le prêtre arien établi à Sicca Veneria, qu'ils prirent le parti de retourner vers le monastère qu'ils venaient de quitter « eligentes vicinos potius habere Mauros quant pati molestissimos Ariattos » Vita S. Fulg. C, 10

d) Les guerres des Maures pendant la première moitié de la domination byzantine ne furent pas moins désastreuses que pendant la période précédente.
Aussi l'extermination de l'élément romain continua-t-il avec la même atrocité.
Après la défaite des Maures en 534, « les Barbares coururent toute la Byzacène, et, sans faire de distinction d'âge, ils passèrent tout au fil de l'épée. » (Proc. Bell. Vand. II, 12 .1 )
Lors de la reprise d'Hadrumetum par les Byzantins, en 534, dit le même historien,
« les Maures exercèrent d'horribles cruautés dans les campagnes et n'épargnèrent personne de quelque condition que ce fût. C'était une effroyable solitude dans tout le pays... Les Maures faisaient tout le dégât qu'il est possible de s'imaginer sans trouver de résistance "... » (Proc. I. c, II, 23, 3)
Il est vrai que les Byzantins leur rendaient la pareille; « Après la défaite du Burgaon, 535, où, dit-on, les Maures perdirent 50 000 hommes, les vainqueurs emmenèrent une si grande quantité de femmes et d'enfants que les Byzantins donnaient pour un petit Maure le même prix que pour un mouton. » (Proc. 1. c., II, 12, 4)

Mais on comprend qu'avec ce système de représailles, le pays le plus peuplé devenait, en quelques jours, une épouvantable solitude.
Une dédicace très intéressante retrouvée à Aïn Ksar, en Numidie, nous éclaire sur le triste état des colons dans cette partie de l'Afrique, sous le règne de Tibère II (578-582). Ces malheureux, dit l'inscription, sont réduits pour se défendre à leurs seuls efforts, et déclarent que la protection du Christ est leur unique espérance. Le chef du pagus est un grec Phocas ; parmi les noms des autres fondateurs du monument figurent deux vandales, douze latins. Rec. Const., VI, 1862, p. 130.

Procope résume ainsi dans son Histoire secrète les appréciations de détail qu'il a données dans son De Bello vandalico. (Historia arcana, édit. De la Byzantine de Bonn. P. 106-107)

L'Afrique qui s'étend sur de si vastes espaces fut si complètement ruinée que le voyageur, sur de longs parcours, s'étonne de rencontrer un homme
« Cependant les Vandales en état de porter les armes étaient environ 8o ooo, sans compter les femmes, les enfants, les serviteurs ; les Africains qui habitaient dans les villes, cultivaient la terre, ou faisaient le commerce de mer, formaient, je l'ai vu de mes yeux, une telle multitude, qu'à peine pouvait-on l'évaluer ; plus nombreux encore étaient les Maures, et tous ont péri avec leurs femmes et leurs enfants.

« Le même pays a dévoré bien des soldats romains et beaucoup de ceux qui, de Byzance, avaient suivi l'armée, en sorte qu'en estimant à 5 ooo ooo d'hommes le nombre de ceux qui sont morts en Afrique, on demeurerait, je crois, encore au-dessous de la réalité.

Corippe qui, lui aussi, a été témoin oculaire, donne la même description du pays. En plusieurs endroits, il peint les Berbères tombant en nasse sous l'épée des Byzantins, ou traînés en longues files à la suite des vainqueurs ; les indigènes, à leu- tour, pillant, brûlant, saccageant tout, jusqu'à la côte et même jusqu'à Sicca Veneria et Carthage, ruinant en particulier les églises, et réduisant les prêtres en esclavage, le pays privé de bras pour cultiver la terre 1, l'Afrique en un mot s'abîmant fumante au milieu des flammes ".(Jam nullus arator arva colit.)
Qu'il y ait quelque exagération dans la peinture que font de l'Afrique l'historien et le poète, c'est possible, il n'en reste pas moins que ces guerres sans merci durent anéantir des populations entières.

Pendant cinquante ans de tranquillité et de paix 595-646, l'Afrique se remit un peu et retrouva quelque prospérité, mais ce n'est pas en cinquante ans qu'un pays peut réparer de pareils désastres.

A ces disparus par la mort il faut aussi ajouter ceux, nombreux aussi, qui quittèrent le pays et se réfugièrent en Europe ; enfin une masse de petits propriétaires qui n'eurent ni le temps, ni la possibilité de fuir, et qui « sont descendus dans la foule barbare de leurs serfs, au milieu desquels ils se sont berbérisés, oubliant leur langue et leur religion. »

HISTOIRE AFN (10)

par torah-injil-jesus @ 2007-11-15 - 17:18:43

Extinction de la chrétienté en Ifrikia

a) Pourquoi cette extinction des chrétiens ?

Quoi qu'il en soit, il est certain que la tolérance musulmane a cessé d'exister à l'égard des chrétiens d'Afrique à trois époques, comme nous l'avons dit précédemment :

1° en 717, année où Omar Il les força d'embrasser l'Islam ou de quitter le pays :3

2° Sous Idris I° au commencement du VIII° siècle et sous Abd el Moumen au milieu du XI°. Idris dans le Maroc, depuis l'Océan jusqu'à Tlemcen, et Abd el Moumen dans tout son empire, de Fez à Tripoli ont certainement pris à tâche d'étouffer dans le sang les derniers restes du christianisme africain et d'appliquer dans toute sa rigueur le terrible

« Crois ou meurs »

Cette mise en demeure où Omar Il plaça les chrétiens est encore une preuve de plus qu'ils devaient être une infime minorité; car il n'aurait pas pris une pareille mesure s'ils avaient été, sinon la masse, du moins une minorité de quelque importance.

VANSLEB, (Hist. de /'Eglise d'Alexandrie, p. 327) rapporte que, sous le patriarche Jean (1300-1320), une rude persécution fut essuyée par les chrétiens en Egypte.
Le sultan les obligea d'avoir tous, le turban bleu (les Juifs devaient le porter jaune): montés à âne (le cheval leur était interdit), ils devaient avoir les deux pieds du même côté, sans quoi, on les jetait à bas, et on les tuait ; il ferma ensuite leurs églises. (Journ, Asiat., 1851, I.IX. p. 485).

Mais les Juifs ont été soumis aux mêmes vicissitudes que les chrétiens, pourquoi ceux-ci ont-ils disparu, tandis que ceux-là ont résisté à l'épreuve ? Il y a donc dans le fait historique de l'extinction du christianisme en Afrique des causes cachées, du moins peu étudiées, qui doivent nous donner la vraie explication, je pourrais dire la philosophie de ce désastre sans exemple, puisque ni l'Égypte, ni la Syrie, ni l'Espagne, etc., ne l'ont connu, bien qu'elles aient eu à souffrir des persécutions aussi sanglantes que celles auxquelles a été soumise l'ancienne Afrique romaine.
Mais alors si les violences, les massacres, les persécutions ne suffisent pas pour expliquer d'une façon adéquate la disparition si rapide, si complète du christianisme en Afrique, quelles autres causes peuvent donc être cherchées ?
Ce que nous avons dit dans les chapitres précédents les indique, ce nous semble, assez clairement : Pour nous, la cause doit être cherchée surtout, osons dire ce mot :

1° Dans le petit nombre des fidèles indigènes restés debout, après la disparition des chrétientés latino-africaines, lesquelles formaient, au V° siècle, la presque totalité de l'Église d'Afrique.

2° Dans la mauvaise qualité de ces chrétiens qui ont apostasié en masse, soit au moment même de la conquête, soit quelques années après, fatigués qu'ils furent de payer l'impôt, au prix duquel ils pouvaient conserver la liberté de leur foi.

HISTOIRE AFN (9)

par torah-injil-jesus @ 2007-11-13 - 13:33:00

d) IMPOTS.

Outre la djezia, les non-musulmans devaient encore payer le khraradj ou taxe foncière.
Le peuple conquis ne conservait pas en effet le droit de propriété sur ses terres, mais une simple possession viagère. Le kharadj n'était donc en somme que le loyer de la terre dont il restait l'usufruitier, mais dont il pouvait devenir le vrai propriétaire en se faisant musulman. (Au point de vue étymologique, kharadj veuf dire « ce qui sort » d’un terrain, ce que l'on en retire.)

Faut-il parler ici d'un impôt, transitoire il est vrai, qui paraît avoir été spécial à l'Afrique et qui était d'autant plus injuste qu'il était perçu sur nos Berbères déjà islamisés. Nous voulons parler de l'impôt du quint, qui consistait à prendre le cinquième de la population féminine pour l'envoyer dans les harems de l'Orient

Les femmes berbères étaient renommées en Orient pour leur beauté et le nombre de celles qui y ont été exportées a dû être considérable, car quelques lectures faites au hasard nous ont appris qu'Abd er Rahman, le fondateur des Ommiades d'Espagne, était né, à Damas, d'une berbère de Tiaret, ainsi que Rostem, le père du fondateur du kharedjisme en Afrique, dans l'Irak.

lbn Khaldoun nous dit en effet qu'Omar ibn Abdallah et Moradi gouverneur de Tanger voulut « prélever le quint sur les Berbères, sous prétexte que ce peuple était un butin acquis aux musulmans. (I, p. 359).

Ces réserves faites sur les procédés employés de fait, par les Arabes, à l'égard des populations africaines, nous admettons volontiers que, en droit, les chrétiens d'Afrique ont eu, au VII° siècle, la liberté de pratiquer leur religion aux mêmes conditions que les chrétiens d'Asie et d'Egypte.

Je dis au VII° siècle; je ne parle que de l'époque de la conquête proprement dite, c'est-à-dire sous les Ommeyades (661-,750). Tous les khalifes de cette dynastie, moins un (Omar II) ont été absolument indifférents relativement à la conversion des infidèles. Quelques auteurs vont même jusqu'à dire que, loin de la favoriser, ils la voyaient de mauvais oeil, car conversion signifiait pour eux diminution du tribut.

HISTOIRE AFN (8)

par torah-injil-jesus @ 2007-11-13 - 13:27:43

c) IFRIKIA.

Il faut ajouter probablement les habitants de Biskra et de Tobna. El Bekri dit en effet que la population de Biskra appartient à la race mélangée (latino-berbère). Quant à Tobna, il affirme qu'elle est habitée par deux races : l'une d'origine arabe et l'autre de race mixte (romano-berbère). Dans les conflits qui s'élèvent entre ces deux races, dit l'auteur arabe, les gens de la première appellent à leur secours les Arabes de Thouda, et ceux de la seconde, les gens de Biskra

Le Kitab el Adouani cite comme étant d'origine chrétienne les habitants de Badis, Thouda, Tolga, Bordj el Amri à 4 kil. à l'E. de Tolga, Biskra, Farfar, à 31 kil. à l'O. de Biskra, Bentious, à 30 kil. S. O. de Biskra. (El Bekri, trad. De Slane, pp. 125-127) – (Rec. Const., XII, 1868, p. 29)

Le Kitab el Istibçar dit de son côté :

« Les habitants de Tozeur sont les restes des Roum qui habitaient l'Ifrikia avant la conquête musulmane, et il en est de même de la majeure partie des habitants de Kastilia et du Djérid. Ces populations changèrent alors de religion pour sauver leurs propriétés... Ceux qui se firent musulmans et qui restèrent dans le pays, en conservant leurs biens... tels furent les gens de Kastilia... Ils (les habitants d'El Hamma de Tozeur), descendent des Roum du pays qui se convertirent à l'islamisme pour conserver leurs biens.» (L’Afrique Sept., au XII°siècle. Traduction de Fagna, dans le Rec. De Const. XXXIII, 1900.) (pp. 77-78-80)

C'est donc à tort que l'on affirme l'extermination en Afrique du nom chrétien par les chefs arabes du VI° siècle, au nom du
« Crois ou meurs ».
Les documents historiques que nous possédons, et on n'a pas le droit de les rejeter, disent le contraire. Ceci, nous croyons devoir l'affirmer au nom du droit imprescriptible de la vérité.

Qu'au milieu des horreurs de la guerre, les troupes arabes se soient laissées aller à des massacres inutiles parce qu'elles avaient des chrétiens en face d'elles, qu'elles aient forcé sous la menace de la mort les Berbères qui avaient déjà apostasié par intérêt, et étaient revenus à leur première religion, comme Koceïla, d'embrasser de nouveau l'islam, c'est ce qui a dû avoir lieu, car les apostats musulmans sont mis dans la même catégorie que les idolâtres ; pour eux, c'est la conversion ou la mort. Ils sont Harbii - qui tolerari non possunt. (Reland, Dissertatio X, De jure militari Mohammedanorum, III, p. 14 – Cf. Gibbon, I, c, X, p. 327)

Mais, en ce cas, on les forçait d'embrasser l'Islam non en qualité de chrétiens, mais parce qu'ils avaient déjà été musulmans.
L'Afrique a donc eu ses capitulations comme l'Egypte et l'Espagne.

Mais on serait dans l'erreur si l'on croyait que toute violence était évitée par cet accord. Ainsi, par exemple, la capitulation de Merida si bénigne en apparence a été accompagnée d'une razzia dans laquelle 30 000 jeunes filles ont été faites prisonnières, pour être emmenées ensuite en Orient avec les dépouilles de l'Espagne. (En Noweiri, dans Ibn Khaldoun., I, p. 351)

L'Afrique, elle aussi, il est bon de le mentionner ici, a été soumise à des coupes réglées de ce genre. (Ibn Khaldoun., I, pp. 359,367) N'avons-nous pas vu à propos de la prise de Barca qu'Amrou avait eu la cruauté d'imposer une telle contribution de guerre qu'il était impossible aux habitants de la payer, en ayant bien soin d'insérer dans le traité qu'il accepterait pour payement leurs fils et leurs filles. (Ibn Khaldoun. I, p. 302)

Nous avons dit plus haut que nous n'avons aucun document qui mentionne les traités particuliers passés avec les chrétiens de I'Ifrikia pour qu'ils pussent conserver la pratique de leur culte. Quant au fait historique que ce droit leur a été reconnu, nous en avons des preuves multiples : nous savons par Et Tidjani qui a accompli son voyage dans la régence de Tunisie en 1306-1309, que d'anciennes églises, alors en ruines, existaient encore dans le Djérid. Les conquérants s'étaient contentés de construire une mosquée en face de chacune d'elles.
(Et Tidjani, Journ. Asiat., 1852, LXI, - XX de la IV° Série- p. 200-203)

Quant à l'impôt auquel ils furent soumis, on ignore à quel chiffre il s'élevait. La djezia établie par Omar était de 48 dirhems pour les riches (ceux qui possédaient 10 000 drachmes et plus) - de 24 pour la classe moyenne (2 000 drachmes et plus) et de 12 pour les pauvres. (ceux qui sans avoir 2 000 drachmes n’étaient pas tout à fait sans ressources. J.A. 1842, 357) La valeur du dirhem et du dinar dont il était la dixième partie a varié selon les époques. Au Moyen-Age, le dinar était de 13 fr.; le dirhem par conséquent de 1 fr. 3o. Les chrétiens africains ont donc dû payer approximativement, la somme de 62 fr. 10, de 31 fr. 20, de 15 fr. 6o selon qu'ils étaient riches, aisés ou pauvres
(Étaient exempts les femmes, les esclaves, les infirmes, les moines. J.A. 1862, p 348)

C'est une somme à peu près égale que les chrétiens paient en Turquie, où la capitation est fixée 6o, 3o et 15 piastres (J. A., 1851, LIX, p. 515). P. 266

Cahen, dans son travail sur les Juifs d'Afrique dit qu'à la fin du XIV° siècle la taxe était pour eux, en moyenne, de deux pièces d'or et 1/8, c'est-à-dire de 19 fr. par tête.
(Rec. Const. XI, 1867, p. 147) - Sous les Mérinides, les Juifs de Fez payèrent d'abord une taxe individuelle (2 dinars 1/8° par tête. Cette taxe devint globale (400 ducats par mois).
L. MASSIGNON, Le Maroc dans les premières années du XVI, siècle. Alger, .Jourdan, 1906°

Toute la communauté était solidaire pour le paiement intégral de cet impôt qui devenait ainsi impôt collectif et général, appelé canoun. (Cahen, 1, c)

HISTOIRE AFN (7)

par torah-injil-jesus @ 2007-11-12 - 17:41:57

COPTES D’EGYPTE – ESPAGNE - IFRIKIA

a) Egypte.

En passant en Afrique, les Arabes se conduisirent en Egypte comme ils l'avaient fait en Asie. Les Coptes indigènes du pays séparèrent leur cause de celle des Grecs, se soumirent sans combattre à Amrou. Leur patriarche, Benjamin, chargé d'aller offrir leur soumission, dit au général arabe :

« Mes frères et moi sommes résolus à vivre et à mourir dans la profession de l'Evangile et de l'unité de Jésus-Christ. Nous ne pouvons embrasser la religion de votre prophète, mais nous désirons la paix et nous consentons de bon coeur à rendre tribut et obéissance à ses successeurs temporels ". »
(RENAUDOT, Histoire du patriarcat d’Alexandrie, p. 156.)

Amrou leur donna l'aman et le tribut fut fixé à deux pièces d'or pour chaque chrétien. Furent exceptés de cette taxe personnelle les vieillards, les moines, les femmes et les enfants des deux sexes jusqu'à l'âge de seize ans

De graves auteurs assurent qu'on trouvait alors en Egypte 20 000 villes ou villages. Cf. Description de l’Egypte par MAILLET qui a été vingt ans consul au Caire, au XVIII° siècle. EUTYCHIUS, dans ses Annales, (II, pp. 308-311 ),
dit que le dénombrement qui fut fait alors par les Arabes donna 6000 000 de coptes tributaires, et 20 000 000 d'habitants de tout âge et de tout sexe. Si la pièce d'or ou dinar avait alors la même valeur qu'au Moyen-Age, c'est-à-dire 13 fr., la communauté copte dut alors s'engager à payer 13 x 2 x 6 000 000, c'est-à-dire 156 000 000 fr., somme énorme pour l'époque!

b ) Espagne

De l’Egypte, passons en Espagne.

On y trouve de la part des généraux arabes la même façon d'agir:
Après la prise de Mérida, en 712, Mouça donna aux habitants le choix entre l'exil et le tribut. Les musulmans et les chrétiens se partagèrent les églises et on confisqua au profit des premiers la fortune de ceux qui avaient péri durant le siège ou qui s'étaient retirés dans la Galice. Gibbon nous donne, au tome X de son grand ouvrage sur la Décadence de l'Empire romain, le texte du traité qui fut passé entre Mouça et Théodemir prince des Goths. (Ce traité écrit en arabe et en latin se trouve dans la Bibliotheca Arabico-hispana, II, p. 105-106)

Articles de paix convenus et jurés entre Abd el Aziz fils de Mouça lbn Noceir et Théodemir, prince des Goths

« Au nom de Dieu très miséricordieux, Abd el Aziz fait la paix à ces conditions:
Qu'on n'attentera ni à la vie, ni à la propriété, ni aux femmes, ni aux enfants, ni à la religion ni aux temples des chrétiens;
Que Théodernir livrera volontairement ses huit villes d'Orihuela, Valentola, Alicante, Mola, Vacasora, Bigerra (Bijer), Ora ou Opta et Lorca;
Qu'il ne secourra ni ne recevra les ennemis du Khalife ;
Qu'il paiera annuellement ainsi que chacun des Goths de famille noble une pièce d'or, quatre mesures de blé et d'orge et une certaine quantité de miel, d'huile et de vinaigre, et que l'impôt de chacun de leurs vassaux sera de la moitié de cette contribution.

« Donné le 4 de Rejeb (5 avril), l'an de l'hégire 94 (713) et signé de quatre témoins musulmans. »

Fleury (Hist. Eccl. IX, p. 261.) a donné, d'après l'histoire de Sandoval, (p. 87) la substance d'un autre traité de l'an 734, entre un chef arabe et les Goths-Romains du territoire de Coïmbre, en Portugal. (Coïmbra, région de Fatima au Portugal, Fatima, là où la Vierge Marie est apparue en 1917)
La contribution des églises y est fixée à 25 livres d'or, celle des monastères à 50, celle des cathédrales à l00.
On y déclare que les chrétiens seront jugés par leur comte, mais que, dans les affaires capitales, celui-ci sera obligé de consulter le cadi ; que les portes de l'église doivent être fermées et que les chrétiens sont tenus de respecter le nom de Mahomet.

Cette liberté leur fut non seulement conservée sous les khalifes Ommiades (depuis 756), mais encore augmentée.

« Sous le nouvel empire des Khalifes, dit le Card. Hergenröther, (Hist. de l’Eglise, III, p. 47) les chrétiens qui furent bientôt appelés Mozarabes, furent souvent accablés de lourds impôts, mais ils jouirent de plus de liberté qu'auparavant. Ils avaient des tribunaux distincts, exerçaient des charges publiques et pouvaient même sonner leurs cloches, dans la capitale de Cordoue. Ils conservèrent leurs 29 évêchés, avec 4 métropoles dans l'Espagne arabe. »

Les choses s'étant ainsi passées en Syrie, en Egypte, en Espagne, il serait bien extraordinaire qu'elles se fussent passées autrement dans l'ancienne Afrique romaine. Nous n'avons aucun motif de supposer, d'autant moins que les musulmans qui ont soumis l'Espagne et y ont importé l'Islam étaient ceux-là mêmes qui l'avaient introduit en Afrique ; et la plupart même étant Berbères, ils n'ont dû imposer aux Espagnols que ce qui leur avait été imposé à eux-mêmes.
Outre cet argument à priori qui n'est pas sans force, on a un document qui prouve péremptoirement que les chrétiens de l'Ifrikia ont eu, eux aussi, la liberté de rester chrétiens à condition de payer l'impôt.

En effet, l'Ifrikia à peine conquise par Hassan, le vainqueur de la Kahéna, nous voyons celui-ci rentrer à Kairouan, s'occuper d'organiser l'administration du pays (702-703), notamment d'établir le kharadj (impôt foncier), faisant inscrire sur les registres, nous dit Ibn Khaldoun, non seulement les chrétiens indigènes, mais aussi ceux qui étaient étrangers à l'Ifrikia :

« Il (Hassan) soumit au même tribut les individus de race étrangère qui se trouvaient encore en Ifrikia ainsi que cette portion des Berbères et des Branès qui était restée fidèles au christianisme. » (Ibn KHALD. I. p. 215 De la traduction. Cf. FOURNEL, les Berbers, 1, p. 224.

Ce kharadj étant, comme on le sait, l'impôt foncier établi sur les « hommes du Livre », c'est-à-dire sur les chrétiens et les Juifs qui consentaient à payer le droit de conserver leur religion,
il s'ensuit que les gouverneurs de l'Ifrikia n'agirent pas autrement à l'égard des Africains que n'agissaient à la même époque les gouverneurs de l'Egypte, de la Syrie, etc.

Nous ne connaissons pas les tribus chrétiennes et les villes peuplées d'étrangers qui payèrent le droit de rester chrétiens ; mais, d'après les expressions de l'auteur musulman, il y avait des indigènes de l'une et de l'autre race, le mot Berbères semblant indiquer ceux de la seconde race : Zenata, Louala, Nefouça, Houara, Nefzaoua et ceux de Branès, c'est-à-dire ceux de la première race.

Dans cette liste du cadastre établi par Hassan, figuraient certainement les villes de Tunis, de Tozeur et de Nefta, ainsi que la tribu des Nefzaoua qui habitait dans les environs, car le grand historien des Berbères dit un peu plus loin : (El Bekri nous dit: Hassan ayant battu les Roum et pris Tunis, ceux-ci le prièrent de ne pas entrer de force chez eux et ils s'engagèrent à payer le kharadj – p. 91 de la trad. De stane.)

« Nous connaissons certains villages assez remarquables de la province de Castilia, situés à une courte distance les uns des autres et appelés les villages des Nefzaoua. On y trouve maintenant des Francs qui vivent sous la protection d'un traité : ils y sont restés, eux et leurs ancêtres, depuis la conquête musulmane jusqu'à nos jours, et, comme ils professent une des croyances tolérées par l'islamisme, ils jouissent du libre exercice de leur religion et paient la capitation. » (Ibn Khaldoun, I, p. 231)

HISTOIRE AFN (6)

par torah-injil-jesus @ 2007-11-11 - 17:40:34

La question de droit étant éclaircie, nous arrivons au point de fait :

Par quels moyens l’Islam a-t-il soumis l’Afrique ?

Le chapitre précédent sur l'islamisation a déjà répondu en partie à cette question. Toutefois, vu son importance, il nous faut revenir en arrière et l'étudier au point de vue spécial indiqué plus haut.
Pour plus de clarté nous allons diviser les populations qui habitaient l'Afrique lors des invasions arabes, en païennes, juives et chrétiennes.

Les tribus païennes formaient, comme nous l'avons vu, la masse des populations du Magreb. A leur égard, le « crois ou meurs » a été pratiqué à la lettre.

Abou'l Mohadjir (675) conduisit la première expédition musulmane dans le Magreb.

« Il atteignit Tlemcen, dit Ez Ziani dans sa Tohfa, battit les tribus berbères et les força à embrasser l'islam. » (Cf. Martin : Les Oasis Sahariennes, p. 54)

Ocba, jaloux des lauriers d'Abou'l Mohadjir, s'enfonça, plus loin encore dans le Magreb.

« En Ifrikia, nous dit Ibn Khaldoun `', il passa au fil de l'épée tous les chrétiens qui restaient » ;(1, p. 327. En 670, il alla, nous dit de son côté Ez Ziani jusqu'au Sous qu'il soumit et dont il islamisa de force les habitants. Puis, il rétrograda vers l'Est en passant par le Faïdja, le Drâa, Sidjilmassa et le Touat, forçant toutes ces contrées à devenir musulmanes. . » (682).
(Ez Ziani1. c dans Martin 1, c

Tous les historiens arabes sont d'accord pour nous représenter Ocba imposant partout l'Islam par la force et lui mettre sur les lèvres, cette prière qu'il fait à Allah en poussant son cheval, au milieu des flots de l'Océan :
« Seigneur, si cette mer ne m'en empêchait pas, j'irais dans les contrées éloignées et dans le royaume de Dzou et Karnaïn, - en combattant pour ta religion et en tuant ceux qui ne croient pas en ton existence ou qui adorent d'autres dieux que toi ''. (En Nouaïri (J.A.,XI, p. 125, 3° série, 1841 ; El Kairouani, lib.III, p. 47 ; Ibn El Arthir, El Kamil, IV, p. 9

– (Ibn Abd et Hakem nous dit ce que fut sa campagne (666-667) clans le Oueddan et le Fezzan : chefs mutilés et impôt de 350 esclaves dans chacune des villes prises. Dans Ibn Khald., I, p. 3o9.) –

(« Le possesseur des deux cornes » Koran, Sourate XVIII v. 82. Il s'agirait d'Alexandre le Grand, d'après El. Maçoudi ( Mouroudj ed Dzahab, 1, p. 126) -

Mouça marcha sur les traces d'Ocba. Voici en effet ce que dit de lui Ibn Khaldoun à propos des Berbères de la région de Tanger :

« Les Berbères n'osaient lui opposer aucune résistance, et tous firent leur soumission pour éviter la mort. »
Cette soumission signifie certainement l'acceptation de l'Islam, puisque l'auteur ajoute aussitôt :
« Un petit nombre d'Arabes resta avec eux pour leur apprendre le Coran et les devoirs de l'islamisme. » (I, p. 344)

Hassan a imité Mouça : il a ordonné en 699 aux deux fils de la Kahéna accompagnés chacun de 6000 Djeraoua, apostats comme eux, de pénétrer dans le Magreb, d'exterminer les Roum ainsi que les Berbères restés à l'état d'impiété. (Cf. Fournel : Les Berbers, I, p. 224)
Enfin, sous Omar ibn Abd el Aziz (717) lsmaïl, nous dit toujours Ibn Khaldoun, remplit parfaitement les devoirs de sa charge (il était gouverneur) et imposa la foi musulmane aux Berbères qui n'avaient pas encore embrassé cette religion. (I, p. 356)
Comme les Berbères païens étaient l'immense majorité de la population indigène, il s'ensuit que la plus grande partie du peuple autochtone a été en somme, converti par la force.
Quant aux chrétiens, comment ont-ils été traités?

« Abou Daoud de Médine, d'après le Journal Asiatique, rapporte que le prophète, après avoir promis aux Juifs de rester à Khaïbar (Omar les en a chassés plus tard) pour cultiver le pays, accorda également la paix aux chrétiens de Nedjran, ville du Yémen, à la condition qu'ils donneraient aux musulmans 1000 houlla (sorte de vêtement...) et, à titre de prêts, 30 cuirasses, 30 chevaux, etc.

Les chrétiens de Nedjran, se portèrent garants de la complète consignation du tout, à la condition toutefois qu'on ne détruirait pas leurs églises, qu'on n'exilerait point leurs prêtres, et qu'on ne les vexerait point eux-mêmes dans l'exercice de leur religion, tant qu'ils ne donneraient à cela aucun motif et tant qu'ils ne feraient point l'usure. » (N° de Nov.-Déc. 1851, p. 493)

On a conservé la teneur des engagements que signaient les chrétiens de Syrie en recevant l'aman d'Omar ibn et Khattab.
« Au nom de Dieu clément et miséricordieux, ceci est écrit au serviteur de Dieu, Omar, prince des Croyants, par les chrétiens de la ville de N.
« Quand vous êtes venus dans ce pays, nous avons demandé l'aman pour nous, nos familles, notre nation, et nous avons pris envers vous les engagements suivants :

« Nous n'édifierons point de couvent ni d'église, ni de patriarcat, ni d'ermitage, dans nos villes et clans leurs environs ; nous ne réparerons pas les ruines de nos églises (Il va sans dire que si les chrétiens consentaient à aliéner cette liberté, ils se réservaient la faculté d’acheter ce droit chaque fois que cela serait nécessaire.) et nous ne relèverons pas celles qui se trouvent dans les quartiers musulmans; nous donnerons, pendant trois jours, l'hospitalité à tous les musulmans qui viendront chez nous; nous ne donnerons point asile aux ennemis de l'état, ni dans nos églises, ni dans nos demeures; nous ne cacherons aux musulmans rien de ce qui pourrait leur nuire, nous n'enseignerons point le Coran à nos enfants ; nous ne produirons point publiquement notre religion ; nous ne ferons point de propagande et n'empêcherons aucun des nôtres de se faire musulman, si telle est sa volonté.

« Nous traiterons les musulmans avec respect ; nous nous lèverons de nos sièges, à leur approche, s'ils veulent s'asseoir; nous ne nous assimilerons point à eux dans les vêtements en quoi que ce soit, dans le calançoua, l'imamé et les chaussures, pas plus que dans la division des cheveux ; nous n'emploierons pas les mêmes expressions qu'eux dans le langage ; nous ne prendrons point leurs surnoms ; nous ne monterons point sur des selles ; nous ne porterons point de sabre ni ne fabriquerons point d'armes, et nous n'en porterons point sur nous ; nous ne ferons point graver nos cachets en arabe, nous ne vendrons point de vin ; nous nous raserons les parties antérieures de la tête et nous nous habillerons de la même façon que par le passé ; nous porterons une ceinture au milieu du corps ; nous ne mettro